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Triste sort que celui des achats en ligne retournés chez l’e-commerçant ! La situation met d’autant plus à mal l’industrie de la mode qu’elle est désormais connue du grand public. D’après le CEO Agenda – qui résume en 8 points les sujets prioritaires en matière de développement durable pour les industriels de la mode – 73% des vêtements vendus dans le monde finissent leur vie dans une décharge. La fondation Ellen Mac Arthur décrit ainsi une réalité frappante : chaque seconde, c’est l’équivalent d’un camion rempli de textile qui est jeté. Vous avez bien lu. Et ce gâchis est en grande partie lié à tous ces articles dont nous ne voulons plus.

Il n’est pas question de pointer quiconque du doigt ou de chercher des coupables, car le problème a de multiples facette et est bien plus complexe qu’il n’y paraît. L’une des principales causes est liée au fait que nous n’achèterions pas en ligne si nous ne pouvions retourner nos articles gratuitement. Et qui peut nous jeter la pierre ? Devrions-nous payer pour un t-shirt qui ne nous va pas, des chaussures qui ne sont pas à notre taille ou un article dont nous ne voulons tout simplement pas ?

Pour nous rendre de plus en plus friands d’achats en ligne, les e-commerçants instaurent une politique facilitant les retours : l’acheteur n’a pas à se justifier et n’est pas jugé s’il retourne un article. Outre cette politique généreuse, c’est aussi tout le processus d’achat qui est fait pour séduire le consommateur. Un processus qui nous incite à acheter le plus possible, essayer les vêtements depuis la maison, et retourner ce qui ne convient pas. Alors pourquoi se limiter quand on peut acheter plusieurs tailles, plusieurs couleurs ou encore plusieurs coupes ? Mais le problème est justement là: acheter plus ne veut pas dire garder davantage nos achats. À cause de cette politique de retours généreuse, c’est une véritable « valse des colis » qui s’installe. Avec un milliard d’articles (tous secteurs confondus) retournés chaque année dans l’Union Européenne, c’est près de 2,5 millions d’entre eux qui sont acheminés chaque jour par camion, voie postale et coursier, depuis les points de retours – entreprises et particuliers. On vous laisse imaginer l’empreinte carbone que cela représente !

Alors que faire ? Imposer des conditions de retours moins généreuses ? Pénaliser les acheteurs en cas de retours ? Clairement pas, au risque de décourager la vente en ligne et de saper les ventes. Pour commencer, l’industrie du e-commerce peut faire sa part en éduquant le grand public. C’est-à-dire exposer la problématique aux consommateurs, leur expliquer comment faire pour connaître leur taille, réduire leurs achats d’impulsion, et veiller à leur propre empreinte carbone. Mais cette éducation top-down a l’inconvénient de faire porter le chapeau aux acheteurs et de dégager l’entreprise de ses responsabilités. Et même face à des consommateurs plus responsables, sensibilisés à la question de leur impact sur la planète et désireux de ne pas surconsommer, cette solution, qui jette le blâme sur les retours au lieu de les envisager comme une possibilité, pourrait causer du tort à l’industrie toute entière.

Pour traiter le problème dans sa globalité, il faudrait plutôt permettre aux consommateurs de pouvoir continuer à acheter comme à leur habitude, tout en prévoyant une alternative durable dans la manière dont les retours sont traités. C’est-à-dire trouver une solution « verte » pour gérer et revendre les articles localement, qui mette fin à cette « valse des colis ». Ce dispositif pourrait ainsi éviter de nombreux voyages et manipulations inutiles.

Cette solution vous paraît relever de la science-fiction ? Elle est pourtant à portée de main si nous considérons les ressources déjà en place – commerces de proximité, recycleurs, ou encore friperies – pour donner une seconde vie aux retours et leur éviter ainsi un funeste destin. En fin de compte, si nos retours peuvent être achetés localement par quelqu’un d’autre, alors pourquoi s’empêcher d’acquérir un, dix ou vingt articles ?

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